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BILAN N°8 PDF  Array Imprimer Array

 

BILAN OCTOBRE 2009

 

Durée du séjour : 2 semaines

Membres présents : Léma CHASTAGNER, Delphine CHASTAGNER, Pierrick LECORRE, Stéphanie JOUAN

Membres au Burkina : Ousmane GANDEMA, Luc PICCIONE

 

Le mot de la « Présidente »

Que dire de ce séjour, si ce n’est merci et bravo à tous ceux qui se sont rendus à Koudougou pour faire avancer les choses ? 15 jours ça semble long, et ce fut pourtant trop court pour tout boucler, en dépit du rythme effréné et de l’implication extraordinaire de chacun ! A quelques exceptions près, tous les enfants que vous parrainez ont été rencontrés par un ou plusieurs membres de l’association ; la coopérative Loalenga a pris forme et ce sont près de 30 femmes qui attendent avec impatience l’ouverture des portes ; la savonnerie a fonctionné, nous permettant de rapporter près de 80 Kg de savons et beurre de karité ; de nouveaux enfants vont pouvoir bénéficier de l’aide de l’association grâce à de nouveaux adhérents souhaitant s’investir à leur coté ; et durant ce séjour encore, nous sommes intervenus auprès de familles ou d’enfants dont la situation nécessitait une aide d’urgence indiscutable. Tout cela, et je tiens à le signaler, dans un véritable respect de ce pays complexe, des individus et des valeurs véhiculées par l’association MAAM NE FO. Ces valeurs qu’il est nécessaire que chacun partage afin qu’il ne nous soit jamais reproché cette attitude à la fois paternaliste et souvent excessive, liée à une méconnaissance riche de représentations et à l’assurance du pouvoir de l’argent que l’on peut voir trop souvent au Burkina. Je vous conseille à ce sujet la lecture de l’ouvrage « Petit précis de  remise à niveau d’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy »(Paris, Ed La Découverte) qui contient, à ce sujet, quelques articles édifiants...

Bonne lecture et n’hésitez pas à réagir !!

 

 

DETAILS DES ACTIONS ET PROJETS

 

Micro-projets

 

  • Création de la coopérative Loalenga

Ce projet d’importance a mobilisé beaucoup de temps et d’énergie afin de parvenir à nos objectifs. Vous pourrez lire le détail de l’avancée de sa mise en œuvre dans le compte-rendu de mission qui lui est consacré et qui vous sera transmis au plus vite.

Deux choses importantes à signaler néanmoins :

-          Entre les deux séjours de juillet et Octobre, Rose Yaméogo et Ousmane Gandema ont assuré de façon remarquable les missions qui leur avaient été confiées, à savoir le recrutement d’une grande partie des formatrices et des apprenties et le suivi de l’aménagement du local. A notre arrivée, une réunion avec l’ensemble des jeunes femmes pressenties était déjà fixée, nous permettant de gagner un temps considérable et le mobilier a pu être installé au sein du local qui commence vraiment à prendre forme. La qualité et le sérieux du travail accompli en notre absence sont un point crucial dans l’avancée du projet et sur place nous avons pu constater que le cahier des charges avait été respecté : le choix d’Ousmane et de Rose pour la gestion de la coopérative se confirme donc comme judicieux.

-          Lors de la grande réunion avec toutes les femmes retenues pour intégrer la coopérative (suite aux entretiens individuels), un journaliste de l’observateur paalga était présent, ce qui a donné lieu à un article dans ce même journal. Au-delà de la satisfaction pour chacun de voir ce moment « immortalisé », c’est aussi un atout majeur pour étayer nos demandes de financement complémentaires (le budget n’est pas bouclé). Nous avons rapporté plusieurs exemplaires du journal que nous tenons à votre disposition si vous le souhaitez…

Sur le site, vous retrouverez d’ici quelques jours toutes les photos de l’avancée du projet


  • La savonnerie à Villy

Après quelques péripéties, les membres de Maam Ne Fo ont pu assister à l’intégralité de la production des savons au karité par les femmes du groupement Roog-Nooma. Odette, la responsable de la savonnerie, a présenté un cahier de comptes à jour, mais qui fait apparaître l’absence, jusqu’à présent, de bénéfices. Plusieurs raisons à cela, liées à la fois au contexte local et au démarrage encore récent (avril 2009) du projet :

-          les femmes du groupement ont investi 100 000 CFA dans l’achat de noix de karité, afin de prévenir toute pénurie

-          chaque session de fabrication de savons occasionne des frais que nous n’avions pas prévus : l’achat de nourriture pour toutes celles venant travailler à la savonnerie (ainsi que pour les enfants). Selon les responsables, c’est un moment où chacune peut se nourrir convenablement et en faire profiter les enfants

-          l’absence ou le manque d’initiative permettant de vendre les savons sur le marché local et/ou étendu à Koudougou ou Ouaga. Nous avons été surpris de constater que les savons Zoodo n’étaient même pas disponibles sur le marché de Villy ! Les choses ont été rediscutées, éclaircies et Luc Piccione s’engage à suivre de plus près cet aspect des choses…

Néanmoins, la savonnerie et la qualité des produits commencent à être connues et plusieurs associations se sont déjà rendues sur place … et sont reparties avec un petit stock !

De notre côté, grâce au travail d’Aline, notre secrétaire, nous avions également une commande à passer, ce qui nous permet de faire « d’une pierre deux coups » : nous achetons les savons (à un prix légèrement supérieur à celui couramment pratiqué) directement auprès des femmes et les revendons au profit de l’association !

 

Accompagnement à la scolarisation : les parrainages


Ousmane Gandema, Jean-Claude Boutin et Luc Piccione avaient largement préparé le terrain avant notre arrivée et une majorité des scolarités des enfants parrainés avaient donc été réglées. Durant le séjour, nous nous sommes attachés à rendre visite dans les cours familiales ou dans les écoles d'un maximum d’enfants afin de rapporter aux parrains nouvelles et photos. Mission accomplie : vous recevrez bientôt les courriers (même si nous n’en avons pas pour tout le monde car il est toujours difficile d’obtenir systématiquement une lettre ou un dessin…) ou pourrez consulter les dernières infos et photos des filleuls sur l’espace dédié du site Maam Ne Fo. Nous avons également complété les scolarités lorsque c’était nécessaire et remis les sommes d'argent correspondant au reliquat de la période aux familles des enfants concernés (pour rembourser des soins, des dépenses de fournitures avancées etc.)

A noter également que chaque enfant que nous avons pu voir a reçu un sac contenant fournitures, tee-shirts et petits cadeaux.

Nous accueillons parmi nous de nouveaux enfants : Aristide, Mireille ,Daniel et Stéphane. Au total, ce sont aujourd’hui 24 enfants qui sont parrainés au sein de Maam Ne Fo. De façon totalement exceptionnelle, nous avons jugé nécessaire de parrainer deux enfants de la même famille. Les parrains concernés jugeront de l’urgence de la situation…Un moment très très difficile pour tous ceux qui ont rencontré ces enfants et leurs parents, d’une dignité extraordinaire dans un environnement désespéré.

Concernant l’organisation du suivi des parrainages, plusieurs points sont à noter (certains décidés lors du CA qui s’est tenu à Koudougou et dont le compte-rendu vous sera transmis d’ici peu, accompagné de celui de l’AG annuelle) :

-          chaque enfant possède désormais un dossier qui sera conservé à la villa Margouillat. Ce dossier est constitué d’un extrait de naissance et d’une fiche de suivi remplie à chaque séjour. Cette fiche de suivi mentionne plusieurs renseignements, et notamment le contact permettant de joindre chaque enfant. Elle indique aussi ce qui a été fait lors du séjour, la somme d’argent éventuellement remise et enfin les points à suivre lors du prochain séjour. Chaque membre de l’association se rendant à Koudougou est invité à consulter le classeur, à remplir les fiches des enfants qu’il pourra rencontrer et à transmettre dès son retour la version dactylographiée à Léma Chastagner et Stéphanie Jouan afin que tout soit ensuite transmis via le Net aux parrains…

-         Chaque enfant devra remettre à chaque fin de trimestre la photocopie de son bulletin ou du récapitulatif sur le cahier de composition pour les enfants en primaire. C’est indispensable afin que chaque parrain ait la possibilité de suivre les résultats de son filleul. Néanmoins, il faut prendre ces résultats avec prudence : un enfant qui ne suit pas au Burkina n’est pas forcément un cancre… ni forcément un saint ! Les résultats scolaires doivent être analysés et reçus par chacun en fonction du contexte…


Soutien d’urgence : vivres et santé

 

Le problème du soutien d’urgence a été abordé lors du CA de Koudougou. En effet, l’association commençant à être connue, nous avons reçu beaucoup de visiteurs venant réclamer de l’aide. Elle est parfois nécessaire, voire vitale. Parfois, elle ne l’est pas…et, comme partout, des abus peuvent être commis, au détriment de ceux qui en ont le plus besoin. Nos finances ne sont pas extensibles, et notre philosophie est davantage de donner un coup de main pouvant améliorer les choses sur le long terme plutôt que de réagir ponctuellement, sous le coup de l’émotion, face à des situations que nous ne maîtrisons pas toujours. Là encore, il s’agit pour tous d’adopter une attitude commune et cohérente. A l’unanimité, nous avons donc décidé de ne pas apporter d’aide supplémentaire aux personnes étrangères à l’association sauf cas exceptionnel où l’urgence semble évidente. Dans ce cas, il est nécessaire de se rendre dans la famille afin de juger de la situation et si une aide d’urgence est accordée, de bien expliquer qu’elle est ponctuelle (sauf cas de parrainage à suivre comme ce fut le cas pour la famille précédemment citée). De même, lorsque nous sommes sollicités pour des soins, il est nécessaire de demander l’ordonnance afin de juger si possible de la gravité de la situation et, le cas échéant, le prix des médicaments. En tout état de cause, l’aide d’urgence doit être en règle générale réservée aux familles ou individus avec lesquels nous sommes déjà en relation et surtout dont nous connaissons la situation. Dans cette optique, nous avons acheté plusieurs sacs de céréales (riz, mil etc.) pour différentes familles et nous avons également contribué aux soins de plusieurs enfants, atteints le plus souvent du palu et de la fièvre typhoïde, en même temps…

 

Actions diverses


-          Nous continuons de financer le traitement contre l’épilepsie de Nafissatou, sœur de Charlotte Kaboré. Un mois de traitement revient à environ 10 €, pris en charge par l’association.

-          La réparation de la maison de Rose n’a pas été possible car l’ensemble du bâtiment s’est avéré trop détérioré pour les colmatages d’usage. Il faut tout détruire et tout reconstruire. Nous envisageons une reconstruction selon la technique des voûtes nubiennes. Luc suit le dossier.

-          Nous avons rendu une visite à une famille de sidéens perdue au fin fond de la brousse à Villy. Sur place, nous avons constaté que le traitement prescrit aux membres de la famille était régulièrement administré et suivi par un système de soins mis en place au niveau de  l‘Etat. Nous n’avons donc pas à intervenir. Nous avons laissé une petite somme d’agent à la famille afin de permettre l’achat d’un peu de nourriture et d’un petit stock de matériel que la jeune femme pourra vendre au marché.

-          Dons de vêtements et livres

-          Rencontre avec l’association Camélia Burkina afin de faire ensemble le point sur les projets et parrainages menés à Villy (et d’éviter tout tuilage). La présidente, le docteur Monique Braquet, a également accepté de prendre dans les bagages de l’association un carton de 10 kg de savons et autre matériel destinés aux actions du collège où travaille Monique Baccelli. Nous remercions Camélia Burkina et travaillerons encore ensemble pour l’envoi des ordinateurs destinés à la coopérative grâce au container géré par cette même association et qui partira mi-décembre à destination du Burkina. Il est assez rare que les associations travaillent ensemble au Burkina et la qualité de nos relations mérite d’être soulignée.

 

Commerce équitable

 

Le volet commerce équitable devient extrêmement important dans le fonctionnement de l’association. Il nous permet à la fois d’aider des structures à fonctionner (y compris celles que nous aidons à mettre en place), mais aussi, plus prosaïquement, de remplir nos caisses… Qu’achetons-nous, comment et pourquoi ?

-          Du savon 100% beurre de karité et du beurre de karité enrichi à l’huile de coco auprès du groupement roog-nooma à Villy (voir point savonnerie). Après conditionnement artisanal par nos soins en France, ces produits seront vendus sur les marchés de Noël auxquels nous allons participer et auprès de particuliers. Dans l’immédiat…

-         Des pendentifs originaux en bronze auprès de l’atelier Gandema. Destinés aux mêmes marchés.

-         Des batiks, auprès de Frank Bouda. Destinés à la décoration de la villa Margouillat, du local de la coopérative, ou pour faire des cadeaux !

-         Les œuvres d’Anol El Pemu (tableaux et CD). Parce que l’on aime et pour promouvoir son talent !

Bientôt les femmes de la coopérative vont créer des biens que nous pourrons leur acheter pour à la fois soutenir le projet et revendre au profit de l’association : nappes brodées, robes, poteries, tissu en coton filé sur place… Dès que la production aura commencé, nous créerons un « catalogue » pour promouvoir leurs créations. En achetant chacun un de ces biens, nous contribuerons à faire fonctionner cette entreprise solidaire… Rendez-vous très bientôt !!

 

 

LA VILLA MARGOUILLAT

 

… se porte bien. Jusqu’à présent, les locations permettent de couvrir (à quelques euros près) les frais occasionnés. Les membres présents lors du séjour ont chacun contribué afin de lui redonner un petit coup de fraîcheur : la façade devrait bientôt être repeinte (avec les saisons d’hivernage, tout s’abîme très vite et nous nous sommes engagés auprès du propriétaire qui nous a consenti un loyer honnête à entretenir au mieux la maison). Néanmoins, tout reste très aléatoire et sans la source de revenus générée par les locations, il pourrait s’avérer difficile de conserver ce lieu pourtant indispensable à l’association : nous y stockons tout le matériel expédié par container (vêtements, fournitures scolaires, matériel pour la coopérative), y recevons tous les bénéficiaires des actions (projets et/ou parrainages) qui savent  également où trouver quelqu’un de l’association en cas d’urgence et en notre absence, y travaillons (une armoire dédiée à l’association contient tous les documents nécessaires à la gestion des projets). Pour mémoire, le loyer, les factures (eau, électricité) et l’entretien de la maison sont assumés sur fonds propres et une somme est également versée mensuellement à Pauline, jeune femme seule avec un enfant à charge, qui assure le ménage de la villa. L’idée aujourd’hui est de constituer une petite réserve d’argent qui permettrait de parer aux besoins si les locations ne remplissent plus leur office. Si vous en avez envie, vous pouvez contribuer, de façon individuelle et hors de l’association, à constituer ce fond de réserve. Il n’y a pas de petits gestes !! Pour en savoir plus ou donner un petit coup de main : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. . Merci à tous ceux qui répondront présent à cet appel !!!

 

Et toujours…

 

Je suis membre… Que puis-je faire ?

 

-          sensibiliser mon entourage afin que de nouveaux membres viennent nous rejoindre

-          informer mon entreprise ou un partenaire financier susceptible de s’engager

-          réaliser de petites actions avec l’aide de l’association (publicité pour la maison, expo photo, vente d’objets etc.)

 

… Toutes les initiatives sont les bienvenues !

Nous comptons sur vous !

 

Et surtout, même si c’est moins romantique, poétique, utopique, n’oubliez pas : sans argent, toute notre énergie et notre bonne volonté ne serviront pas à grand-chose…

 

 
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